fr
en

L’artiste Ernest Pignon-Ernest exposera à Bernay ses Extases

Artiste mondialement connu, Ernest Pignon-Ernest renouvelle son installation hors du commun « Extases, Les Mystiques » à Bernay, en Normandie, du 2 juillet au 18 septembre 2022. Huit portraits de femmes, huit mystiques extatiques dessinées en pied, leur esprit plongé dans des visions extraordinaires comme si elles étaient transportées hors d’elles-mêmes. Elles vont offrir leur corps à l’espace clos de l’incomparable abbatiale de Bernay : un événement à ne rater sous aucun prétexte !

Ernest Pignon-Ernest réitère son installation « Extases, Les Mystiques » présentée pour la première fois en 2008 au sein de la chapelle Saint-Charles d’Avignon. Forte de l’impact qu’elle a eu sur le public, elle a ensuite été exposée au sein de la chapelle des Carmélites de Saint-Denis, la chapelle du musée de l’Hospice Comtesse à Lille, la chapelle Saint-Louis en plein cœur de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et l’église abbatiale de Saint-Pons à Nice. De mai à septembre 2020, après son exposition « Ecce Homo » au palais des Papes d’Avignon, qui avait accueilli plus de 400 000 visiteurs, Ernest Pignon-Ernest avait investi l’église des Célestins, place des Corps-Saints – un choix qui ne pouvait être innocent ! Il poursuit cette année à l’abbatiale de Bernay, un lieu hautement symbolique du fait de sa création selon la volonté d’une femme de caractère, Judith de Bretagne, épouse de Richard II, duc de Normandie, mais aussi emblématique de la naissance architecturale de l’art normand et roman en France. 

Ernest-Pignon-Ernest-Extases-les-mystiques-2020-Eglise-des-Celestins-a-Avignon-©Ernest-Pignon-Ernest-03 <strong>L’artiste Ernest Pignon-Ernest exposera à Bernay ses </strong><strong><em>Extases</em></strong>
crédits photo : Ernest Pignon Ernest

L’événement artistique incontournable de cet été 2022 ! 

Vous vous dites que c’est du déjà-vu, que c’est sans surprise… Sûrement pas ! Lorsque l’on connaît un peu son travail plastique, Ernest Pignon-Ernest – artiste français incontournable de l’art contemporain – opère à chaque fois une nouvelle présentation, une relecture adaptée de son œuvre en fonction de la symbolique des lieux qui suggèrent leurs propres mises en scène. Il instaure un dialogue subtil entre Histoire, histoires, architecture, espace, support, ombre, lumière, dessin et représentation des corps extatiques.

« Comment figurer des corps qui aspirent à se désincarner ? Comment restituer de tels transports, de tels excès, de telles effractions sublimées ? Comment dire cet infini du désir, de l’angoisse, de la douleur, de la suavité de l’exaltation qui les habitaient et toutes les contradictions qui les traversaient ? » Ernest Pignon-Ernest

« Extases, Les Mystiques », un dialogue entre dessins, sculptures et architecture

Les Extases d’Ernest Pignon-Ernest sont nées d’un processus d’une longue maturation, car son intérêt pour l’image du corps mystique a commencé en 1990, lors de ses recherches  sur Charcot (fondateur de la clinique neurologique en France, ayant étudié notamment l’hystérie et l’épilepsie) et la Salpêtrière. Par la suite, son travail mené à Naples durant de nombreuses années l’a conduit à lire Thérèse d’Avila, première des grandes mystiques à avoir déclenché chez lui une farouche envie de comprendre, mais également de transcrire visuellement une émotion aussi énigmatique et troublante que l’extase. Suivront d’autres rencontres, d’autres lectures des grandes mystiques qui établiront la base de son installation: Marie-Madeleine, Hildegarde de Bingen, Angèle de Foligno, Catherine de Sienne, Marie de l’Incarnation, Madame Guyon et, plus tard, Louise du Néant.

Durant plusieurs années, Ernest Pignon-Ernest réalise plus d’une centaine de dessins préparatoires avec pour modèle la danseuse étoile Bernice Coppieters aux Ballets de Monte-Carlo, pour lesquels il a réalisé de nombreuses scénographies depuis 1996. Un modèle unique unifiant la composition, mais aux attitudes multiples où chaque position des corps s’inspire des écrits des mystiques ou de leurs confesseurs. Il ne s’agit pas pour l’artiste de représenter le portrait ressemblant de chacune des grandes mystiques, mais d’en proposer une interprétation symbolique.

« J’ai, par le dessin, tenté de suggérer tout ce qui est de l’ordre de la sensualité du corps exalté et désirant. » E. P.-E.

Ernest-Pignon-Ernest-Extases-les-mystiques-2020-Eglise-des-Celestins-a-Avignon-©Ernest-Pignon-Ernest-03 <strong>L’artiste Ernest Pignon-Ernest exposera à Bernay ses </strong><strong><em>Extases</em></strong>
crédits photo : Ernest Pignon-Ernest

Entre respect des classiques et renouveau du dessin

Transport, transcendance, élévation, extase, illumination, etc., autant de termes liés à la thématique religieuse qui portent en eux le pouvoir d’une grande plasticité dont se sont pleinement emparés les artistes durant une grande partie de l’histoire de l’art. Ernest Pignon-Ernest tire sa substance du travail prestigieux de ses prédécesseurs du maniérisme – Pontormo, Le Corrège, El Greco – ou du baroque – Caravage et Le Bernin. La ligne se fait tension, le clair-obscur dramatise la posture des corps, creuse les chairs et met les drapés en mouvement.

Pour Ernest Pignon-Ernest, c’est un défi technique et symbolique immense afin de renouveler le travail de ses aînés tout en imposant son regard d’artiste contemporain.

Ernest Pignon-Ernest propose un usage inattendu du dessin, très souvent limité aux étapes préparatoires, protégé de la lumière, enfermé dans les tiroirs des cabinets des dessins de grands musées. Avec son travail sur le modelé des corps et des drapés, les figures semblent prendre du relief, s’extraire de leur support en un soubresaut, une convulsion de vie. Mais c’est aussi avec une participation particulière des supports qu’il renouvelle la technique du dessin pour la mêler inexorablement au sculptural. Les feuilles d’aluminium qui servent de support au dessin s’enroulent, se déploient, s’ouvrent, se replient sur elles-mêmes dans une danse tout aussi sensuelle que les corps représentés.

Deux éléments viennent parfaire l’osmose : une soigneuse mise en lumière des lieux et l’utilisation d’un miroir d’eau sombre qui lie le destin de l’architecture à son installation.

Ernest Pignon-Ernest choisit Bernay

« Après Avignon, j’avais beaucoup de propositions de lieux pour exposer, j’ai fait mon choix en fonction de la dimension historique et spirituelle de ces lieux. Mon coup de cœur a été pour Bernay. » E. P.-E.

C’est en rendant visite à son ami l’ancien journaliste et écrivain Pierre-Louis Basse, un habitant de Bernay, qu’Ernest Pignon-Ernest est tombé sous le charme de l’abbatiale de Bernay. Ce lieu unique en France, berceau des premières tentatives de l’architecture romane et normande, trouve un écho étrange avec les périodes auxquelles ont vécu ces grandes mystiques, si ce n’est Marie-Madeleine qui renvoie directement au fondement de la religion chrétienne et qui a longtemps été bannie des représentations religieuses. Leurs vies s’étendent du XIe au XVIIIe siècle comme les stigmates architecturaux qui marquent la temporalité de l’abbatiale s’étalant du XIe siècle à nos jours. Elle naît de la volonté de Judith de Bretagne – témoignage de sa foi qui répond merveilleusement à la ferveur des mystiques.

La grande interrogation réside dans les choix plastiques que fait Ernest Pignon-Ernest et pour lesquels il œuvre afin d’établir un dialogue entre sa réalisation et une architecture si différente de celles qui l’avaient accueilli auparavant.

À vos agendas ! Venez vous extasier seul, entre amis ou en famille devant et au cœur de l’installation d’Ernest Pignon-Ernest. Une opération culturelle et patrimoniale en partenariat avec neodigital.

EXPOSITION D’ERNEST PIGNON-ERNEST

Abbatiale Notre-Dame,
place Gustave-Héon,
27300 Bernay,
du 2 juillet au 18 septembre 2022

Pour en savoir plus : 
Les grandes mystiques qui participent depuis la première installation de 2008 : 

Marie-Madeleine

Marie de Magdala ou Marie-Madeleine, appelée parfois Marie la Magdaléenne, est selon les Évangiles un disciple d’importance et le premier témoin de la Passion du Christ ainsi que de sa résurrection. On la mentionne assistant à la mise en croix avec les autres femmes ou à la mise au tombeau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_de_Magdala

https://www.flickr.com/photos/92600277@N02/14656167473

[…] Courtisane repentie devenue disciple de Jésus, elle l’escorte jusqu’au pied de la croix, assiste à la mise au tombeau avant d’être […] le premier témoin de la résurrection. […] Elle se serait alors retirée dans une grotte […] où elle aurait prié et médité pendant les trente dernières années de son existence.

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1123065

Hildegarde de Bingen (1098-1179). Grande érudite, bien connue des historiens de la musique, mais aussi des phytothérapeutes et des diététiciens d’aujourd’hui, elle est tout à la fois : abbesse, mystique, visionnaire, illustratrice, compositrice, fondatrice et prédicatrice franconienne, grande connaisseuse des sciences naturelles et du pouvoir des plantes.

Dixième enfant d’une famille noble du Palatinat, elle est dès sa naissance vouée par ses parents au service de Dieu. Hildegarde affirme avoir reçu les premières visions dans la petite enfance.

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/778801

Angèle de Foligno (1248-1309). Une des plus importantes figures de la mystique franciscaine, sainte Angèle de Foligno est née dans une famille aisée en 1248 à Foligno, près d’Assise en Ombrie, vingt ans après la mort de saint François d’Assise. Elle est orpheline de père très jeune et se marie à l’âge de vingt ans ; elle connaît une vie frivole. 

Prenant conscience de ses péchés, elle invoque saint François qui lui apparaît en vision. En très peu de temps, elle perd toute sa famille : mère, enfants et mari. Elle connaît par la suite les plus hauts états mystiques.

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/105738

Catherine de Sienne (1347-1380). Avant-dernière d’une fratrie de vingt-cinq enfants, Catherine Benincasa naît à Sienne, en Italie, en mars 1347. Elle a six ou sept ans quand le Christ lui apparaît pour la première fois et menait déjà une vie de mortification et de prière. Elle est admise à vingt ans parmi les tertiaires dominicaines. Plus tard, elle reçoit les stigmates de la Passion. Épuisée par des jeûnes extrêmes, Catherine meurt à l’âge de trente-trois ans et sera canonisée en 1461.

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/299349

https://fr-academic.com/pictures/frwiki/87/Wga_Pompeo_Batoni_Ecstasy_of_St_Catherine_of_Siena.jpg

Thérèse d’Avila (1515-1582). Fille du chevalier Alonso Sánchez de Cepeda et Beatriz d’Avila y Ahumada. Troisième de douze enfants. Elle prononce le 3 novembre 1534 ses vœux solennels. Elle vit alors une expérience mystique majeure qui lui révèle l’image du Christ flagellé.

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1499501

https://www.italiani.it/fr/restauration-cornaro-bernini-chapelle-rome/

Marie de l’Incarnation (1599-1672). Marie Guyart naît en France, à Tours, et vit dans une famille de sept enfants dont les parents sont maîtres boulangers. À sept ans, une première grâce mystique la conduit à se donner au Christ, mais ses parents lui imposent son mariage à dix-sept ans avec un maître ouvrier en soie, Claude Martin, qui meurt deux ans plus tard et dont elle a eu un fils.

En 1631, elle entre au couvent des Ursulines de Tours puis part fonder, en 1639, son monastère à Québec où elle meurt de vieillesse en 1672.

https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/marie-de-lincarnation

Louise du Néant (1639-1694). Dernière mystique intégrée à l’installation créée par Ernest Pignon-Ernest, elle fait le lien avec ses premières recherches sur Charcot et la Salpêtrière.

Louise du Néant, née Louise de Bellère du Tronchay, mystique française connue pour ses lettres envoyées à ses confesseurs, livre un véritable témoignage de la vie à la Salpêtrière au XVIIe siècle, où elle est internée en 1677 pour ses troubles de démence mais où elle restera en tant que soignante.

https://journals.openedition.org/acrh/1354

Madame Guyon (1648-1717). À seize ans, Jeanne-Marie Bouvier de La Motte épouse Jacques Guyon, de vingt-deux ans son aîné. Ils ont cinq enfants, dont deux vécurent. Sa rencontre avec la fille de Fouquet, duchesse de Béthune-Charost, fortement portée vers le mysticisme est décisive et l’influence profondément. Son mari meurt en 1676. Jeanne Guyon voyage beaucoup et se met à écrire l’essentiel de sa doctrine spirituelle, il s’ensuivra des persécutions et des emprisonnements à répétition.

https://encyclopedie_universelle.fr-academic.com/9030/GUYON_DE_CHESNOY_%28MADAME%29

https://fr-academic.com/dic.nsf/frwiki/1098723

Les lieux d’installation de l’exposition « Extases, Les Mystiques » :

2022 Église abbatiale de Bernay

2020 Église des Célestins, place des Corps-Saints, Avignon

2016 Église abbatiale de Saint-Pons, Nice

2014 Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, Paris 

2013 Chapelle du musée de l’Hospice Comtesse, Lille

2013 Prieuré Ronsard de Saint-Cosme, La Riche près de Tours

2010 Chapelle des Carmélites, musée d’Art et d’Histoire, Saint-Denis 

2008 Chapelle Saint-Charles, Avignon

Livre

Extases André Velter, Ernest Pignon-Ernest

Vidéos

Pour en savoir plus sur l’aspect technique de l’œuvre

Les Extases (francoisgermain.com)

Images de l’installation à la Pitié-Salpêtrière

https://www.youtube.com/watch?v=a78zaUCn3Iw&t=30s

Site de l’artiste

http://pignon-ernest.com/ 

Sites sur l’abbatiale

https://www.bernaylaville.fr/pole-culture/patrimoine/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_de_Bernay